Les fruits et légumes en perte de vitamines

Les fruits et légumes en perte de vitamines

1 février 2015
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fruit kumquatLe site TerraEco a fait parler de lui dans l’actualité du 20 janvier dernier en publiant un article intitulé « Pourquoi une pomme des années 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui« , qui nous révèle, études à l’appui, l’appauvrissement dramatique de nos aliments depuis 60 ans et ses causes.
Cette perte en vitamines,  minéraux et oligo-élements impacte autant les fruits et légumes que les céréales et la viande du fait de l’interdépendance des constituants de la chaine alimentaire. En effet, les céréales étant moins riches en zinc, en cuivre et en fer qu’autrefois, la viande est aussi moins riche en nutriments essentiels : elle nous apporte 2 fois moins de fer qu’en 1950.

Le taux de vitamine C des pommes a été divisé par 100, il faudrait donc manger 100  pommes d’aujourd’hui pour obtenir le même taux de vitamines C qu’avec une pomme de 1950 (soit 400mg).

La perte voire la disparition de la vitamine A (comme pour l’oignon et la pomme de terre), concerne 17 fruits et légumes sur 25 étudiés. La teneur en vitamine A des oranges a baissé à tel point qu’une orange d’hier équivaut à 21 oranges actuelles ou qu’une pêche d’hier équivaut à 26 pêches actuelles.

Les légumes sont aussi concernés. 80%des légumes étudiés (25) ont perdu en calcium et fer, par exemple, le brocoli actuel contient 4 fois moins de calcium qu’auparavant.

Les multiples causes de la baisse en vitamines

Les causes de cette chute inquiétante en nutriments essentiels sont multiples. Tout d’abord la recherche effrénée de l’augmentation du rendement a pour conséquence la surexploitation et l’appauvrissement catastrophique des sols que nous connaissons actuellement. Cet épuisement se répercute nécessairement dans la nourriture, puisque le sol est la base de la chaine alimentaire : il nourrit les plantes qui elles-mêmes nourrissent les animaux.

Conséquence de cet appauvrissement : il est nécessaire d’avoir recours aux engrais et aux pesticides pour maintenir les rendements, d’où une pollution des sols qui réduit encore leur fertilité créant un véritable cercle vicieux. L’intensification des cultures sur le modèle industriel produit des aliments « gonflés » en eau mais vides en nutriments. En effet, le dopage aux engrais sur-sollicite la croissance au détriment de la lente assimilation des minéraux du sol.

Autre conséquence de cette recherche du profit : la sélection des variétés de fruits et légumes les plus productifs, résistants et beaux a engendré une réduction drastique des variétés cultivées et une perte de nombreuses semences anciennes qui étaient parfaitement adaptées à un terroir et un climat particulier. Cette sélection végétale n’a donc pas favorisé les fruits et légumes les plus riches en vitamines et les plus gouteux…

Enfin et surtout, pour pouvoir supporter les chocs des transports qu’il vont subir, les fruits et légumes que nous trouvons dans nos supermarchés sont cueillis bien avant leur maturité… Or, la différence de vitamines entre un fruit vert et un fruit mûr est considérable, sans parler de la saveur et du taux de sucre bien plus élevé dans un fruit mûr. Seuls les circuits courts entre consommateurs et producteurs permettent d’avoir des fruits et légumes proches de la maturité. Autre avantage à ce mode de vente : il réduit les émissions de gaz à effet de serre dues au transport.

Que faire ?

Outre l’importance de s’orienter vers les circuits courts pour avoir des fruits et légumes mûrs, les aliments produits en agriculture biologique permettent d’augmenter son apport en vitamines. En effet, selon Brian Halweil « à conditions climatiques équivalentes  les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres ». Mais attention ils doivent être produits de manière non intensive, sinon le bénéfice en nutriments est nul. Autrement dit, il s’agit de privilégier une agriculture biologique et paysanne qui produit à échelle artisanale, vend en local, nourri le sol plutôt que la plante pour assurer la santé de l’un et l’autre et de la nôtre ensuite.

Source : http://www.terraeco.net/Pourquoi-une-pomme-des-annees-1950,58246

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